Les entreprises de proximité restent en retrait de la timide croissance de l’économie française. Ainsi, l’activité des entreprises de l’artisanat et du commerce de proximité a reculé de 1,5% au troisième trimestre 2015. Maigre consolation, ce résultat est toutefois moins mauvais que les deux trimestres précédents, laissant apparaître une tendance baissière qui se réduit progressivement (-2% au deuxième trimestre et -2,5% au premier trimestre).  

Tous les secteurs sont touchés par cette atonie mais à des degrés divers. Ainsi, l’artisanat des services sort de la récession pour arriver à une stagnation de son activité (0%). A l’inverse, l’artisanat des travaux publics, très affecté par les restrictions budgétaires des collectivités territoriales, concentre à nouveau les plus grandes difficultés (-6%), ce qui impacte sensiblement les résultats globaux. Le bâtiment enregistre également une baisse sensible (-2,5%). Le recul est plus limité pour les autres secteurs, atteignant -1% pour la fabrication et l’hôtellerie-restauration et -0,5% pour l’artisanat et le commerce alimentaire de proximité. 

On observe également une assez forte disparité selon la taille des entreprises : plus l’entreprise est petite, plus elle concentre les difficultés. Ainsi, les entreprises sans salarié enregistrent un recul de 3,5% de leur chiffre d’affaires, contre seulement 0,5% pour les entreprises de 10 salariés et plus. 

La trésorerie des entreprises de l’artisanat et du commerce de proximité s’est à nouveau dégradée durant l’été selon 28% des chefs d’entreprise interrogés tandis que 12% ont constaté une amélioration. En toute logique, les artisans et commerçants s’avèrent pessimistes en ce qui concerne leur activité pour la fin de l’année, et ce quel que soit le secteur concerné. 

Ces chiffres sont le résultat d’une politique économique qui, au-delà des discours et des belles promesses, continue de privilégier les grandes entreprises en proie aux plans sociaux au détriment des PME et des TPE qui concentrent pourtant le plus fort potentiel de création d’emplois. Les artisans et les commerçants de proximité subissent également une forme de précarisation due à l’émergence de nouvelles pratiques économiques génératrices de concurrences déloyales : travailleurs détachés, micro entreprises, « uberisation ». Dans un tel contexte, le report de trois mois de la deuxième étape du pacte de responsabilité contribue à plonger les chefs d’entreprise dans l’incertitude et à entretenir une profonde défiance.  
 Le Président de l’UPA Jean-Pierre Crouzet a ainsi déclaré : « Je demande au gouvernement de ne plus sacrifier les petites et moyennes entreprises qui représentent 97% des entreprises françaises et plus de la moitié des salariés. Le dialogue et la concertation, c’est bien. Une politique pérenne en direction des entreprises de proximité, c’est mieux. »

* Enquête réalisée à la demande de l’UPA par l’Institut I+C dans la première quinzaine du mois de juillet 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 4700 entreprises de l’artisanat et du commerce de proximité.
 

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