Le point de vue de Philippe Dos, électricien à Noyal Châtillon sur Seiche (35), sur la loi Travail. Un regard… très concret.

Que pensez-vous de cette loi Travail ?

« Le monde du travail évolue constamment, la législation n’est plus adaptée, il était nécessaire de se repencher dessus. Mais pour moi il y a tout d’abord un problème de méthode. Je trouve aberrant qu’on n’ait pas réuni les partenaires sociaux autour de ce projet de loi. Pourquoi l’Etat n’a pas saisi cette occasion de réformer en profondeur le Code du travail, de mettre tout le monde autour de la table afin de faciliter la vie de nos entreprises et de libérer la création d’emplois ?!
Du coup la loi Travail a été taillée pour les grandes entreprises. L’un des articles phares va leur permettre de signer des accords d’entreprise dérogatoires. Ce que ne pourront faire les TPE-PME qui pourtant représentent l’immense majorité des entreprises françaises. Le gouvernement nous exclut de fait en imposant le mandatement syndical pour négocier les accords dans nos petites entreprises.

Les TPE-PME ne vont donc bénéficier d’aucune des mesures qui devaient permettre d’améliorer concrètement leur quotidien. Qu’il s’agisse d’aménager le temps de travail des salariés et des apprentis, ou de sécuriser les entreprises par un plafonnement des indemnités prud’homales.

La loi Travail passe à côté de l’enjeu principal pour les artisans et les commerçants de proximité et pour l’économie française : celui de sécuriser les embauches. »

Y a-t-il tout de même des bonnes choses dans cette loi ?

« Oui, il y a quelques mesures intéressantes, obtenues par l’UPA. Elles vont dans le bon sens du quotidien des artisans. Par exemple l’adaptation des conditions du licenciement économique en fonction de la taille des entreprises. Ou encore la possibilité pour les chefs d’entreprise de provisionner le coût d’une éventuelle rupture de contrat de travail. Et, sous réserve de confirmation, l’abandon par le gouvernement du projet de surtaxation des contrats courts, une totale aberration ! Taxer les entreprises qui embauchent, tandis qu’on encourage d’un autre côté les travailleurs détachés !

Un autre point très positif, gagné grâce à une mobilisation sans faille : l’UPA, l’UNAPL et l’UDES ont réussi à éviter que les clés de la représentation patronale soient confiées exclusivement aux représentants des grandes entreprises. Ouf ! »

Reste la mobilisation actuelle…

« Oui, il ne faut pas baisser la garde et continuer à être force de proposition. Et ne pas tout mélanger, en restant par exemple sur l’image des vitrines cassées, de la pénurie d’essence, etc. Il faut se concentrer avec optimisme sur les solutions à développer pour soutenir la vie de nos entreprises et le soutien de l’emploi. »

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